paperonPierre Paperon fait partie de ces vétérans français de l’Internet toujours bien en jambes. Passé au début du siècle par Altavista (sans doute le plus avancé des moteurs de recherche pré-Google) et LastMinute (un pionnier de la vente de voyages en ligne), le voici devenu un des experts français les plus intéressants en matière de blockchain.

Pour l’avoir entendu au récent forum SmartCity, j’ai voulu le faire parler sur la partie blockchain du très prometteur projet SIRIUS. Même si l’intérêt de Habitat Marseille Provence pour cette technologie semble avoir refroidi, ce que Pierre Paperon avait à dire sur la cryptomonnaie utilisée comme monnaie virtuelle locale vaut toujours le détour.

Phocea Tech : Quel pourrait être l’intérêt d’utiliser la blockchain pour une monnaie locale ?

Pierre Paperon : Je peux vous répondre de deux façons. D’abord d’une manière négative : les monnaies locales, aujourd’hui, ça ne marche pas, le nombre d’utilisateurs reste microscopique. Le principal problème, c’est qu’on reste collé à la valeur marchande de la monnaie, on est en permanence en train de faire le solde, on n’arrête pas de faire la connexion avec le montant en euros.

En positif, la blockchain permet justement de créer un tout nouveau modèle, avec les tokens. On déréférentialise complètement, on est dans une logique de partage. C’est un système qui pousse à se demander quelles sont les choses essentielles dans la vie quotidienne.

Phocea Tech : Justement, comment une monnaie blockchain se distingue t-elle d’une monnaie classique ?

Pierre Paperon : La blockchain permet de mettre en place du P2P. Avec une monnaie classique, même locale, il faut un ordinateur central. La blockchain, elle, s’en passe aussi bien pour horodater les transactions que pour les créditer, par exemple en flashant automatiquement un QR code. Le tout en temps réel, sans attendre une validation du serveur central. C’est une technologie qui donne à tout un chacun les moyens de faire confiance à l’autre.

Phocea Tech : Voire de monétiser le temps donné aux autres, via une ICO (méthode de levée de fonds liée aux tokens blockchain)

Pierre Paperon : Quand vous créez un pot de miel, quand vous effectuez une heure de bénévolat par jour, vous générez un token. Rien n’empêcherait par exemple de vendre ces tokens à des touristes souhaitant louer un véhicule à proximité avec la même cryptomonnaie.

Les pouvoirs publics se posent déjà ce genre de question. Une proposition de loi un temps en étude au Sénat prévoyait de défiscaliser les gains issus de cryptomonnaies à hauteur de 3000 euros par personne. Si vous appliquez ça à un quartier de 10 000 habitants, vous arrivez à un budget de 30 millions d’euros, au niveau local c’est considérable.

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