Le hasard fait parfois bien les choses. C’est en allant voir Vincent Richet pour qu’il me parle de la genèse de La Coque (récemment inaugurée en grande fanfare) que j’y ai croisé une installation LiFi, une technologie découverte il y a quelques années lors d’un salon Light+Building. Et une technologie qui mérite vraiment le détour, combinant éclairage et transmission de données.

Morse visuel

Le LiFi utilise le scintillement des composants LED, éteints et allumés à une vitesse suffisamment élevée pour que l’oeil humain n’en voit rien. Ces états éteints/allumés sont alors transformés (en gros) en 0/1, un morse visuel qui permet de créer des données. A La Coque, Lucibel, la société qui a développé le luminaire ad hoc, a installé une version “vraie LiFi”, bidirectionnelle, pouvant transmettre comme recevoir de l’information. Il existe en effet une version monodirectionnelle, nommée VLC, qui ne fonctionne que dans un sens.

“ Le Lifi présente un gros avantage en terme de sécurité” m’a expliqué Laurent Dias, le directeur de la BU immobilière chez Lucibel, “ Pour accéder aux données, il faut en effet se placer dans le cône de lumière, qui crée ainsi une zone de confidentialité sécurisée. Il intéresse aussi forcément le monde de la santé puisqu’il présente une alternative au WiFi dans les environnements où les ondes radios sont proscrites. Et il présente l’avantage de pouvoir être installé très simplement puisqu’il ne nécessite plus de faire passer un câblage informatique par les murs, tout passe par le plafond. Aujourd’hui, quand vous construisez un immeuble, vous le concevez pour plusieurs vies, ce moins de câbles est un gros plus”.

Dialyse et construction en bois

En parallèle de celui de La Coque, on peut aussi voir un luminaire LiFi au siège marseillais de Ywood, la filiale de Nexity dédiée aux constructions en bois. Nexity a d’ailleurs signé un partenariat national avec Lucibel, et a installé une vingtaine de luminaires à son siège.

Toujours à Marseille, on pouvait récemment apercevoir lors du congrès national de l’association des techniciens de dialyse un générateur d’hémodialyse connecté en LiFi. Ce dispositif médical doit pouvoir fonctionner pendant plusieurs heures sans interruption, d’où une inquiétude de la profession quant aux perturbations possibles d’ondes parasites. Le test effectué à Marseille avait lui pour objectif de s’assurer que le dispositif pouvait bien récupérer et afficher des données via LiFi.

Vers une norme IEEE

Le principal point négatif du LiFi reste aujourd’hui son prix, sans commune mesure avec celui de technologies généralisées comme le WiFi. Lucibel table sur un essor du marché qui permettrait de faire baisser drastiquement le coût des produits. Un signe très positif a eu lieu récemment avec l’annonce par l’IEEE Standards Association de la création d’un IEEE Light Communication Study Group, prélude éventuel à une standardisation internationale du LiFi par un organisme en charge de la standardisation du… WiFi.

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