Lorsque Jean-Yves Le Drian, le ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères, est venu tenir un discours à thecamp vendredi dernier, il a eu droit à une présentation de quelques projets phare du lieu, dont les futurs taxi drones d’Airbus. Soit typiquement un dossier plus que pertinent pour Air Space Drone.

Cette petite société basée à Gardanne s’est en effet spécialisée dans la gestion de trafic aérien de drones. Un créneau très porteur qui vaut à Air Space Drone de faire le déplacement au CES de Las Vegas.

Logiciel et matériel

Ce que fournit la start-up, m’a expliqué Alain Bascoulergue, un de ses fondateurs, c’est « une brique technologique capable à la fois de faire de l’identification et de la reprogrammation en vol, en temps réel ». La vraie particularité d’Air Space Drone réside dans le fait que la société fournit non seulement le logiciel mais aussi le petit chipset permettant de l’implante sur n’importe quel drone, quelle que soit sa marque.

Une fois doté de ce jeu de composants, le drone envoie alors en temps réel de très nombreuses informations : le nom de son propriétaire bien sûr, son assureur, sa position, son roulis, son tangage,… Derrière, Air Space Drone s’occupe de tout. « Notre business model, c’est de proposer du service, de revendre de la data, sous la forme de bouquets, allant de 5 à 60 euros. Pour 60 euros, tout sera horodaté. On aide par exemple la personne à préparer son vol, en tenant compte de la météo. Elle peut aussi faire sa demande d’autorisation de vol en temps réel alors que, si elle passe par une demande auprès de la préfecture, il lui faut une bonne semaine pour recevoir un OK ».

Gestion des collisions

En cas de risque de collision ou d’entrée dans une zone interdite, l’outil de la société sera aussi capable d’envoyer une alerte à l’opérateur. Et, dans un futur proche, il sera même capable de prendre la main sur le drone et de changer d’office sa trajectoire.

Le lien avec les services étatiques fait partie de l’identité même de la start-up. Air Space Drone a ainsi testé l’envoi de trames de vol aux serveurs d’état français, essais qualifiés de « concluants » par Alain Bascoulergue, même s’il ne sait pas dire s’ils se décideront à utiliser cette technologie.

Pour se faire une idée à grande échelle du bon fonctionnement du service, on pourra malgré tout rester sur la Côte d’Azur, tout en changeant de pays. La start-up s’est en effet vu confier la responsabilité de protéger la Principauté : tous les drones locaux seront dotés du chipset de la société, ceux ne l’étant pas courant alors le risque de se faire intercepter.

La sécurité d’abord

Chez Air Space Drone, on ne badine pas avec la sécurité, sans doute une question de pedigree. Alain Bascoulergue est un ancien pilote de ligne, qui a été en charge de la sécurité des vols pour son ancienne compagnie. Quant à sa co-fondatrice, Françoise Derout, c’est une ancienne magistrate.

Développement toujours, la société annonce avoir un client en Tunisie, d’autres étant censés suivre prochainement en Asie. Asie toujours, Air Space Drone a équipé 6 drones du projet Skyways d’Airbus, testant un service de livraison à Singapour. Un projet présenté partout comme un précurseur pour les taxis drones d’Airbus. Bref, la prochaine fois que je verrai des taxis drones à thecamp, l’envie pourrait me prendre d’aller vérifier qu’un chipset Air Space Drone n’y a pas été installé.

[English version: Drones Under the Air Control of Air Space Drone]

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