L’ambition éditoriale de Phocea Tech est de raconter l’histoire de l’innovation technologique en cours sur la métropole Aix Marseille, avec un parti-pris volontairement techno, plus qu’institutionnel ou financier. Néanmoins, quand l’opportunité se présente d’être au coeur d’un bel échange sur les start-up technos, difficile de résister à l’envie d’en faire un court compte-rendu.

Lors des rencontres du risque de l’AMRAE, un atelier portait spécifiquement sur la gestion des risques appliquée aux jeunes pousses. Une problématique rarement considérée à l’origine d’un projet: “quand on crée une start-up, si on commence à se poser la question du risque dès le début, on ne la crée pas du tout” a résumé Adrien Mithalal, le PDG de Physio Assist, une société innovante qui a mis au point un appareil d’assistance au désencombrement bronchique. Alors que de l’autre côté, vu des financeurs, le point de vue est radicalement différent.

La liste des risques

Jean-Pierre Comba, le directeur des entreprises de la nouvelle économie à la Banque Populaire Méditerranée, a ainsi dressé une liste (non-exhaustive) de risques:

  • Une start-up, c’est une entreprise mono-produit, il n’y a pas de dilution des risques
  • Il n’y a pas d’historique permettant une validation par le marché
  • La proportion de R&D est le plus souvent très importante, or la R&D ne permet un rendement qu’à long terme
  • Dans notre comptabilité, le personnel est considéré comme une charge, alors qu’il s’agit d’un des actifs les plus précieux d’une jeune entreprise.

Pourtant” a t-il précisé, “on se doit de financer ces sociétés”. Et d’expliquer que ce sont près de 400 dispositifs de financement qui sont aujourd’hui disponibles pour les start-up, une jungle au milieu de laquelle peu de monde, et en particulier des jeunes structures centrées sur leur croissance, peut s’y retrouver. Or, dixit Adrien Mathalal, “les banques sont les seules à avoir l’expertise de réaliser un bilan financier”. Pour les intervenants à la table ronde, elles sont sans doute les mieux placées pour choisir quel financement demander à quel moment de son cycle, et gérer ainsi un risque majeur.

Au feeling

Curieusement, dans un monde organisé autour de la data, cette étape reste, elle, centrée sur l’humain. “Nous nous appuyons sur les pôles de compétences, sur les incubateurs, qui sont capables de nous éclairer sur des dossiers très mouvants. Le financement est souvent une affaire de feeling” a conclu Jean-Pierre Comba. Tout en précisant que des tests seraient en cours avec une structure parisienne ayant commencé à automatiser l’estimation de la valorisation à terme d’une start-up.

[English edition: The Start-Up Risk]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s